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Wish list de Noël

Saison oblige, je vois fleurir de toutes parts les wish list de noël de tout le monde, ma famille me demande ce que je veux.

Je me suis alors posé la question. Mauvais début me direz vous car si on doit se creuser la tête pour savoir ce que l’on veut pour noël, c’est qu’on ne le veut pas vraiment.

C’est donc de ce constat là que je suis partie. Je ne veux rien pour noël car je n’ai pas besoin de nouvelles possessions matérielles juste pour le plaisir de déballer du papier coloré en prenant un air surpris.

Ce que je veux pour noël ce sont des choses immatérielles, des choses intangibles qui pourtant donnent ce piment à la vie.

Ce que je veux pour noël c’est du soleil, des nuits qui ne commencent pas à 15h, une chaleur agréable sans avoir besoin d’empiler 4 couches de vêtements. Je veux plus de temps, du temps libre, du temps de qualité.

Je veux aller danser le tango à Buenos Aires, prendre une selfie sur l’île de Pâques, aller découvrir les espèces endémiques des Galapagos, écouter les drapeaux de prières tibétains qui claquent dans le vent, boire du thé au beurre de yak, voir un ours blanc et une aurore boréale, aller humer les vapeurs de souffre sur l’Etna, admirer les animaux de la savane en Afrique du Sud et rendre visite aux gens qui ont croisé ma route et l’ont parfois changée aux quatre coins de la planète.

Si l’un de vous a envie de m’offrir un billet tour du monde, je l’accepterai avec un TRES grand plaisir et vous enverrai de jolies photos.

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Prendre de mauvaises habitudes

Quand on prend une année sabbatique, on rentre dans une spirale assez infernale et on prend vite de mauvaises habitudes.

Tout d’abord, on s’habitue à ce qu’il fasse chaud tout le temps. Oui, mais pas la vilaine chaleur des radiateurs, non non, celle du soleil, celle qui te fait du bien sur ta peau. On devient par la même occasion encore plus frileuse et on porte un pull quand il fait 26°C. Le pire ce sont les lieux comme les cinémas ou les centres commerciaux. Franchement, on n’a pas idée de mettre la clim à 17°C, c’est inadmissible.

On s’habitue par la même occasion à être bronzée. Quand tout d’un coup on retrouve sa couleur originelle on a un peu de mal à se reconnaître. Heureusement, un être bienpensant a inventé le bronzer (oui parce que franchement l’auto bronzant ça pue et c’est chiant à poser). Heureusement, une lueur d’espoir persiste quand tu te regardes dans la glace en sortant de sous la douche et que tu vois encore la marque de ton maillot de bain sur tes hanches et ton ventre. Bah oui, que là parce que je ne sais pas vous, mais moi c’est la seule qui reste. Mon corps débronze de haut en bas et je me retrouve avec une peau en dégradé, c’est charmant. . Avec un peu de chance, il n’aura pas le temps d’arriver jusqu’en bas d’ici ma prochaine cure se soleil.

Pendant une année sabbatique, on prend la sale habitude d’écouter son corps et ses besoins. On mange quand on a faim, même s’il est 10h30 et qu’on a déjà mangé à 9h. On ne se fait pas agresser par de méchants réveils sauf quand il faut prendre un avion ou un bateau, mais dans ces cas-là, je me réveille avec lui car j’adore prendre l’avion ou le bateau (sauf quand c’est pour rentrer en Europe) car ils sont synonymes de nouvelles aventures, de nouveaux horizons.

Quand tu es en année sabbatique en mode voyage, ta vie est rythmée par des rencontres plus extraordinaires les unes que les autres. Tu rencontres des gens que tu n’aurais jamais croisés au quotidien, tu sors de ta zone de confort et tu parles. Tu parles avec des gens que tu ne reverras jamais, avec des gens qui deviendront des amis pour la vie, avec des gens que tu n’auras pas envie de recroiser, JAMAIS. Mais au moins, tu auras fait l’effort d’échanger et d’essayer. Certaines de ces personnes changeront ta vie à jamais et d’autres ne seront que de vagues souvenirs.

Quand tu es en voyage lors d’une année sabbatique, tu écris. Tu noircis des carnets entiers, tu y colles des billets, des papiers, des emballages, des souvenirs. Tu graves dans le marbre cet épisode de ta vie et chaque journée devient une aventure qui a le potentiel de devenir extraordinaire. Une fois revenue à la vie « normale », les carnets prennent la poussière, rien que l’idée de tuer des arbres pour raconter que tu as pris le métro bondé, que ton client le plus chiant et le moins rentable t’a encore parlé comme à un chien, devient totalement insupportable.

Les heures de pointe deviennent un concept abstrait. Tu prends les transports la journée pendant que les autres sont au travail, sauf quand le seul vol de la journée a décidé d’être pile en plein dedans et que les routes bouchées ne te permettent pas de prendre un taxi. Parce que oui, les transports, quand c’est pas en heure de pointe c’est cool. Il y a de la place pour s’assoir, de l’oxygène pour respirer. Là tu es content de ne pas avoir à t’emmerder avec des papiers de location ou le parking, le brushing. Et quand t’as pas envie, il y a les taxis qui ne coûtent pas cher, qui sont confortables et qui ne te racontent pas leur vie parce qu’ils ne parlent pas ta langue et qui sont aimables car ils espèrent un pourboire (mon rêve absolu à Paris où les taxis sont odieux et hors de prix).

Voyager longtemps c’est aussi pouvoir organiser son temps comme on en a envie. Quand on aime un endroit, on reste, sinon on part et on passe à autre chose. J’adore cette porte ouverte qui me permet de m’éterniser dans un endroit parce que j’y ai rencontré des gens super ou qui m’offre une mine d’activités ou un bien être dont je ne veux pas me départir. Je suis restée coincée comme ça à Chiang Mai, à Pulau Weh. Le plus difficile c’est quand on quitte ces endroits, quand la bulle se brise. Parfois c’est parce que les gens qui faisaient la bulle partent, parfois c’est parce que d’autres qui brisent la bulle arrivent.

Aujourd’hui, je prends les transports en commun bondés aux heures de pointe, j’ai des journées tellement passionnantes que j’ai parfois envie de me pendre avec le fil de mon téléphone portable et pour couronner le tout, j’ai froid et l’impression de vivre dans un monde parallèle où il ne fait jamais jour. Je rêve d’un ciel tellement bleu qu’il se fond avec la mer, d’une telle profusion de différentes teintes de bleu entre la mer et le ciel que mon vocabulaire n’est pas assez riche pour les décrire.

Vite, un Skyscanner !

Monologues du Vagin

Pour des raisons un peu farfelues qui n’ont pas une grande importance ici, j’ai dû passer deux semaines à Paris.

Vous savez, la ville où il fait un froid polaire, où il y a des embouteillages, des gens peu aimables, des ordures ici et là. Paris c’est aussi une ville où il y a des musées, des amis, de la famille, des expositions, de grands boulevards, des magasins dans lesquels je trouve ma taille en vêtements, des spécialités gastronomiques absolument divines.

Je vous parlais récemment de ce détachement que l’on acquière quand on voyage vis à vis du maquillage et des vêtements. Ce détachement, je le ressens, certes, mais je le ressens moins à Paris.

Quand je suis dans cette ville où j’ai grandi, je retrouve mes réflexes de parisienne. J’aime prendre soin de moi, me faire belle. A Paris, j’aime porter des talons, même s’ils me font atrocement mal aux pieds. A Paris, j’aime porter mes jolis vêtements. A Paris les fards retrouvent le chemin de mes paupières et la couleur me donne un peps assez incroyable.

Peut on réellement oublier une part de soi? Est ce que cette facette de moi fera à jamais partie de moi? Ce plaisir de me pomponner, ce plaisir de jouer avec des artifices pour devenir moi en mieux. Mettre une belle robe, de belles chaussures et du mascara me fait un bien fou.

Oui, je sais être détachée quand je suis dans un environnement simple et détendu. Oui, je peux être détendue et détachée. Oui, j’aime avoir le rose aux joues et me mettre en valeur.

Non, ceci n’est pas contradictoire. Non, les talons ne partiront pas chez Emmaüs. Non, mon maquillage ne partira pas dans une vente quelconque.

Je suis un peu superficielle et je l’assume. Je sais passer outre les artifices et m’en passer, être heureuse sans.