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La vie revee des anges: YouTube

Depuis quelques annees maintenant, YouTube tient une place assez centrale dans la vie de beaucoup d’entre nous. Sur YouTube, on peut apprendre tout ce dont on a toujours reve, trouver des contenus sur a peu pres tous les sujets possible et imaginables.

Cette richesse de contenu fait de YouTube un des acteurs majeurs dans la fourniture de contenus et bien evidemment, comme c’est un produit Google, il fallait le monetiser.

Partant de ce principe la, YouTube est devenu une plateforme ou se cotoient monsieur et madame Tout le Monde et des YouTubeurs professionnels. Nous voila donc revenus aux temps de la TV locale face aux mastodontes comme TF1. Chacun produit un contenu plus ou moins interessant, mais certains ont des moyens que les autres n’ont pas.

YouTube est donc devenu en quelques annees un microcosme ou se cotoient de jeunes adultes a peine sortis de la puberte et qui brassent des dizaines de milliers de dollars chaque mois.

Ces jeunes createurs de contenu nous renvoient une image d’un monde dans lequel on s’habille chez les grands createurs, ou il est normal d’avoir 10 sacs Louis Vuitton agrementes de quelques paires de Louboutins. Les fille se maquillent avec du Giorgio Armani et ils se deplacent dans la derniere Mercedes.

Ces comportements posent un vrai probleme sachant qu’un grand nombre d’entre eux attirent des audiences jeunes et influencables qui tendent a croire que c’est normal de vivre de cette maniere a 20 ans et qui se confrontent a l’incomprehension une fois confrontes a la realite.

On sait que la TV ce n’est pas la vraie vie, malheureusement YouTube tend a faire croire aux gens que c’est leur vie, celle du quotidien et que chacune de leurs journees est digne d’une sortie a Disneyland.

Quel sera l’impact a long terme de ce miroir aux alouettes? Combien d’adolescents continueront a croire qu’on peut gagner sa vie sans aller a l’ecole et en se contentant de se mettre devant sa camera? Combien d’adolescents continuent-ils a croire que faire des videos prend quelques minutes et qui ne voient pas le travail de montage, de selection et de preparation de contenu?

Combien de temps faudra-t-il pour que YouTube soit enfin percu comme de la TV et non plus comme la vraie vie?

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Travailler au Danemark

Après la vie parisienne qui faisait paraître la vie en province bon marché, la vie londonienne qui fait paraître le monde entier bon marché, il y a le niveau ultime : la vie copenhagoise.

Certes, l’immobilier est meilleur marché qu’à Paris ou à Londres, mais Copenhague reste une capitale européenne et donc on est sur du x10 par rapport aux prix de l’immobilier dans le reste du pays. Hormis l’immobilier donc, tout le reste est cher et il faut donc travailler.

Trouver un travail et s’installer

Trouver un travail au Danemark sans parler danois est quasiment impossible, un peu comme en France ou dans n’importe quel pays développé où il faut parler la langue locale. Quelle n’a donc pas été ma chance quand la boîte pour laquelle je travaillais à Londres a eu un poste disponible en local et qu’ils ne voyaient pas (trop) d’obstacles au fait que je n’aie mêmes pas de rudiments de danois.

Dans mon entreprise, quand un employé est transféré dans un autre pays, l’entreprise fait appel à un prestataire qui s’occupe du transfert. Ce prestataire a tout un catalogue de services parmi lesquels les entreprises choisissent des packages selon leurs contraintes budgétaires et les besoins des employés transférés. Etant citoyen de l’Union Européenne, mon transfert a été très simple car je n’avais besoin que d’un CPR (cf mon article sur le CPR si vous voulez en savoir plus), mais pour d’autres comme ma collègue transférée d’Egypte, ils s’occupent également su permis de travail.

Passées les galères et les frayeurs du début (cf mon article sur les impôts), l’acceptation du fait que je vais payer des impôts sur mon téléphone pro et que certains de mes clients sont basés dans des trous paumés à perpet, l’acclimatation a pu commencer.

S’intégrer

La première chose et sans doute la plus difficile qu’il faut accepter et avaler c’est que les gens vont parler danois en notre présence sans vraiment se soucier d’intégrer les étrangers. Le mythe du danois nécessairement bilingue et à l’aise en anglais n’est rien d’autre qu’un mythe. Pour la plupart des gens, parler anglais demande un réel effort et beaucoup limitent leurs expressions à des phrases très courtes et à des sujets très simples, même dans une boîte américaine où toute la communication corporate est en anglais.

Au début c’est vraiment difficile, on se sent seule, très seule que ce soit dans l’open space ou à la cantine. Si l’on ne force pas les choses, ils ne feront aucun effort pour intégrer un étranger surtout dans des entreprises comme la mienne où il y a une très grande homogénéité culturelle, ie 99% de danois de souche. Au bout d’un moment, on s’habitue et un jour arrivent d’autres transferts et là ça devient cool parce que ce jour-là on n’est plus la seule à ne pas parler danois et même si les autres s’en cognent de t’intégrer, au moins il y a les autres expats qui sont dans le même bateau. Cependant, je ne pense pas que ce soit propre au Danemark, il est fort probable que ce soit exactement pareil en France.

Ce qui est génial c’est que pour la cohésion des équipes, il y a des événements récurrents comme des petits déjeuners hebdomadaires les vendredis ou encore des pots mensuels payés par l’entreprise.

Se nourrir

Quand on travaille au Danemark, ce qui est super cool c’est que la loi oblige les employeurs à donner accès à la nourriture à leurs employés soit en mettant à disposition une cantine, soit en faisant appel à un traiteur pour les plus petites structures. Tout cela bien évidemment fortement subventionné par l’employeur, laissant à la charge de l’employé une somme assez faible à régler pour que ce ne soit pas considéré comme un avantage en nature sur lequel il faudrait payer des impôts.

Dans mon entreprise, nous avons une cantine que nous partageons avec les autres entreprises situées dans l’immeuble et nous payons tous les mois 400 DKK (environ 57€) pour manger à la cantine ce qui revient environ à moins de 3€ le repas. Le seul hic quand on ne mange ni viande ni poisson, c’est que le choix n’est pas folichon et qu’il faut compenser l’apport protéinique le soit car le quinoa, les légumineuses ou le tofu ne font pas vraiment partie du régime alimentaire de base des danois, mais ça c’est une question de choix personnel.

Le rapport au temps

Ce que j’adore dans le fait de travailler au Danemark c’est le rapport au temps. La semaine de travail au Danemark est de 37 heures, mais ça c’est sur le papier. En réalité les travailleurs danois ont une vision très personnelle des horaires de travail.

Deux des valeurs fondatrices du Danemark sont le bien être personnel et la famille. Partant de ce principe-là, les gens adaptent leur travail à leur vie personnelle. Il n’est donc pas rare de voir les gens partir à 14h parce que le petit dernier a un concert de flûte pour la fête de milieu de mois de son école ou que l’école a décidé d’organiser une réunion avec les parents, en plein milieu de l’après-midi, cela va de soi car il ne faut pas que les professeurs fassent d’heures supplémentaires, cela irait à l’encontre de leur bien être à eux, c’est donc aux parents de faire un effort et tant pis pour leur importante réunion.

Par ailleurs, les danois ne font pas de présentéisme comme en France. Personne ne vous fera de remarques du goût de « tu as pris ton après-midi » si je pars à 16h.

Le bonus

Tu es au régime? Oublie ton régime si tu travailles au Danemark. Ici tout se fête à coups de gâteaux et de viennoiseries. Dès que quelqu’un signe un deal, qu’on a une réunion client, que quelqu’un fête son anniversaire ou pour n’importe quelle autre raison on dégaine le sucré.

Vivre pour travailler ou travailler pour vivre

Il y a quelques jours de cela, je lisais un article publié par une chercheuse américaine qui a eu une révélation. Elle a eu une révélation pendant ses vacances que les vacances c’était quand même sympa et que ça faisait du bien.

L’article présentait un état des lieux assez alarmant disant que non seulement tous les américains n’avaient pas de congés payés, mais que ceux qui avaient leurs 10 jours de CP ne les prenaient souvent pas dans leur intégralité et préféraient se les faire payer.

Vous vous doutez bien que ces constatations ont suscité énormément de réactions de la part d’américains qui ne comprenaient pas qu’on veuille prendre des vacances quand les esclaves modernes d’Asie allaient prendre leurs emplois pendant qu’ils seraient en vacances, ceux qui étaient stupéfaits qu’en Europe on ait autant de temps libre payé par notre employeur et que nos économies n’étaient pas toutes dans l’état de l’espagnole, la grecque ou plus récemment la française. equilibre (1)

Etant une européenne convaincue et croyant profondément que le travail, bien que nécessaire pour payer les factures et pour s’épanouir dans de nombreux domaines de notre vie, est aussi là pour nous permettre de vivre une vie personnelle épanouie.

En France, avant l’arrivée de Flamby et de sa clique ça n’allait pas si mal malgré nos 5 semaines de vacances et notre mois d’août plus ou moins chômé. Les gens prennent le temps de vivre et certes ne sont pas aussi riches pécuniairement que certains américains qui se tuent au travail (au sens propre comme au figuré), mais nous apprécions les déjeuners prolongés pour prendre le temps de partager un bon repas avec nos collègues sur la terrasse de notre bistrot préféré. Nous apprécions de pouvoir aller nous faire soigner parce que nous sommes malades sans avoir à nous endetter sur 15 ans. Nous aimons nos weekends prolongés et nos viaducs du mois de mai et nous aimons nous épanouir au travail.

Au Danemark, ils ont poussé l’équilibre de la vie encore plus loin. De nombreux employés commencent très tôt leur journée pour pouvoir partir à 15h et profiter de leur jardin, de leurs enfants, du soleil et de la vie tout simplement. En ayant la taxation la plus élevée au monde, ils s’assurent que personne n’est laissé de côté et qu’en cas de coup dur, chacun puisse avoir un filet de sécurité. Les danois tout comme les européens du sud savent profiter de la vie et trouver cet équilibre si délicat entre vivre et gagner sa vie.

Et vous? Etes-vous plutôt du genre à travailler pour vivre ou vivre pour travailler?