Archives du mot-clé retraite spirituelle

Chimères et licornes

Nous vivons dans un monde sérieux, qui se prend au sérieux, qui nous met la pression pour que nous devenions sérieux à partir d’un certain âge sous prétexte que nous sommes adultes.

Il est cependant agréable de jouer en suivant les règles de ce monde sérieux en faisant semblant d’être adulte de temps en temps, en assumant ses responsabilités, en étant super indépendant avec la tête sur les épaules et les pieds bien encrés sur terre car malgré les contraintes, le monde des adultes peut être sympa à vivre quand on en connaît les règles.

Le monde des adultes peut toutefois être parfois pas drôle, c’est alors que ressurgit mon côté Peter Pan. Cet aspect de moi qui me pousse à croire à des relations improbables, qui me pousse à prendre des décisions qui ne sont bonnes que sur le court terme, qui me pousse à m’enfermer chez les bisounours le temps d’y voir plus clair et d’avoir besoin de revenir dans le monde des adultes.

Parfois ces parenthèses enchantées prennent la forme d’une personne, d’un loisir, d’un style vestimentaire, une coupe de cheveux, une activité improbable.

Quand elles prennent la forme d’une personne, les méandres de la chimère peuvent nous emmener loin, très loin dans les limbes d’un monde fantasque et illusoir dans lequel on sait qu’on ne vivra jamais pas parce qu’il ne peut exister, mais simplement parce qu’on en a pas envie.

Parfois, mon côté citadin me fatigue. Le bruit, la foule, les gens, l’embarras du choix des activités, les transports. Je prends alors un break, je m’évade physiquement ou mentalement ou les deux et j’y reviens. J’y reviens toujours parce que c’est ce que j’aime, parce que c’est ce que je suis. Je suis une citadine pure souche qui a toujours vécu en ville, au milieu de la pollution, des klaxons, des musées et des gens. Le bitume, les chaussures à talons, les soirées où chacun sait que les autres sont un peu faux cul mais c’est cool quand même.

J’aime m’évader en suivant les méandres de mes chimères, en faisant semblant pendant un temps de croire que je peux m’isoler au vert, vivre comme une ado et être totalement détachée et détendue.

J’aime aussi revenir, revenir encore plus forte, avec la confirmation que j’aime ce que je fais, que j’aime ma vie en ville, que j’ai besoin de cette ruche pour me sentir vivante.

Je ne fais pas partie de ces gens qui croient en la capacité d’un changement radical. Je pense que si l’on effectue un jour un virage à 360°C dans sa vie, c’est que cette personne était là au fond de nous et qu’elle n’attendait que de passer au premier plan. Changer pour changer est selon moi le meilleur moyen de créer des frustrations et des regrets.

Je rêve, je me balade, j’apprends, je comprends, je grandis et je reviens revitalisée, plus forte, plus énergique, plus motivée, plus sereine. Ca me fait du bien sans faire de mal à personne. Le luxe du célibat, le luxe de la liberté.

Et vous? Quand avez vous rêvé éveillé pour la dernière fois?

Publicités