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Turning back time

And loving it!!

Depuis que je suis à Phuket, ma vie n’est pas la seule à changer. Je commence à changer également.

Prendre une décision aussi radicale dans sa vie c’est aussi s’ouvrir à autre chose, libérer ses chakras à des terrains inexplorés jusque là ou trop longtemps délaissés.

Depuis que j’ai pris la décision de partir et de tout recommencer, je suis passée par plusieurs phases de transition. Toutes diamétralement opposées les unes aux autres, mais tellement imbriquées qu’elles en sont venues à devenir indissociables et complémentaires.

La première a été l’euphorie. Celle qu’on ressent quand on a les papillons qui titillent notre ventre. L’euphorie de se poser un million de questions avant de dire enfin OUI. Cette phase a été très brève car il ne m’a fallu que quelques jours à peine pour me décider à changer de vie et à mettre dans celle que j’avais le petit truc en plus qui lui faisait défaut.

La seconde phase a été la fatigue. La fatigue d’avoir deux emplois en même temps, de devoir caler des rdv à des heures improbables, de devoir être un peu schizo en ayant deux casquettes. Dans cette phase là, c’est l’adrénaline qui fait tenir, l’adrénaline qui permet d’enchainer les nuits beaucoup trop courtes, l’adrénaline qui nous sauve les journées. Et c’est l’anti cernes qui permet de faire illusion et avoir l’air reposées et fraîche comme la rosée.

La dernière phase pré départ c’est la phase où tout s’emballe, où on a les deux pieds dedans. La phase finale de préparation pendant laquelle on a tellement la tête dans le guidon que les jours défilent tels des secondes. Dans cette phase, on ne peut ni faire machine arrière ni même se rendre compte de quoi que ce soit.

Arrive ensuite la phase ultime, la phase de prise de conscience qui signe le début d’une nouvelle vie.

La première phase de l’après c’est la détente. Pour ma part, celle-ci je la savoure, je m’en délecte. La détente permet de prendre du recul, permet de relativiser, de faire le tri dans sa vie.

Je commence donc à prendre du recul, mettre de l’eau dans mon vin, me détendre et du coup rajeunir un peu dans ma tête. Un pur bonheur de retrouver le goût de certaines choses, de reprendre goût à une vie qu’on avait un peu laissée de côté.

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Arrivée en Thaïlande

Je crois que cette fois-ci j’ai battu tous mes records personnels. Je crois que je ne suis encore jamais partie à ce point là à l’arrache. Et quand je dis à l’arrache c’est au point où j’ai fait plein de trucs importants à la dernière minute, j’ai oublié de faire deux trois trucs assez importants et qu’au final je m’en fous un peu.

J’ai aussi oublié de mettre des choses dans ma valise, là aussi un truc un peu important puisqu’il s’agit du chargeur de mon ordi perso et quelques trucs sans importance que je pensais vouloir emmener.

Heureusement, ma bonne étoile semble toujours scintiller au dessus de ma tête car est venu l’enregistrement des bagages.

J’arrive tranquillement au luggage drop pour les gens qui ont pré-enregistré sur internet et là, la balance du comptoir ne marche pas. En revanche, quand l’hôtesse voit mon bagage à main, je n’y coupe pas, elle me fait le peser sur la balance de son camarade. J’ai eu de la chance quelle me croie sur parole quand je lui ai dit que j’avais pesé plusierus fois ma valise et qu’elle faisait ses 20kgs pile poil. Manque de bol, mon bagage à main faisait 12kg ordi compris. Entre le poids de la valise, 6 mois de médocs et quelques conneries, ça va vite or la règle chez Etihad c’est 7kg. 7kgs, pas un de plus.

Du coup, branle bas de combat, Mademoiselle, on va peser votre valise sans l’ordinateur et vous aller déplacer des affaires dans votre bagage en soute. J’ai eu une chance folle qu’elle ne prenne pas la peine de déplacer ma valise enregistrée pour la faire peser car évidemment, j’ai mis plus que 3kgs supplémentaires dans ma valise en soute. A raison de 50€ le kg supplémentaire, mon excédent de bagages m’aurait coûté bonbon.

Le gros sketch a été comme prévu au passage des contrôles de sécurité. Ils m’ont fait tout déballer. Laptop, disques durs, appareils photo. J’ai du mettre au moins 10 bonnes minutes à tout déballer et remballer. Quand on a trois jours de salon pro, des heures de bouchons et la fatigue dans les pattes, déballer et refaire ses bagages, c’est la dernière chose dont on ait envie.

Tout le monde m’a dit que j’allais enfin réaliser que je partais pour une nouvelle vie une fois que je serais installée dans l’avion. Et ben que nenni les amis. Pas la moindre once de prise de conscience. Je suis dans une espèce de bulle dans laquelle j’ai du mal à me rendre compte de ce qui est en train de se passer.

A contrario, il se peut tout simplement que je vive cela de la manière la plus sereine que j’aurais pu le vivre. Cette transition se passe tellement en douceur que je n’ai ni regrets, ni sentiment d’avoir laissé des choses inaccomplies même si j’ai laissé derrière moi mes amis et ma famille.

Je pense que ma tête était déjà dans ma nouvelle vie depuis tellement longtemps que le trajet et le changement de climat ne sont plus que des détails mineurs.

Grâce à mon ami Fabrice, j’ai découvert un concept génial : le concept du transat.

Le transat c’est l’image de « on s’installe, on regarde et on savoure ».

Le transat s’applique quand on a subi de grosses crasses de la part de quelqu’un et qu’arrive le jour où, par le plus pur des hasards notre route vient à croiser celle de cette personne malveillante.

Pour que l’on parle de transat, il faut que la personne se sente à l’instant T comme une grosse merde (chômage, difficultés à retrouver du boulot, dépression, frustrations, c’est comme tu veux tu choiz – parfois c’est tout en même temps et là c’est l’apothéose) alors que toi tu te sens invincible parce que tout va bien dans ta vie.

C’est là qu’on se met mentalement dans un transat avec une coupette et on observe le corps du misérable flotter comme une merde dans la Seine. On savoure chaque instant quand le scélérat se débat avec sa misère.

Je sais que c’est une jouissance bien sadique, mais parfois, quand quelqu’un s’est comporté comme le dernier des salauds avec vous, il n’y a pas plus plaisant qu’un juste retour des choses car ce n’est pas par l’arrogance qu’on avance dans la vie, mais par le travail.

Me voilà donc dans une période où je me sens bien, épanouie, où rien ou presque ne peut m’atteindre, où j’ai eu mon moment transat donc j’ai gouté chaque seconde. Je l’ai tellement savouré que cela m’a encore davantage donné des ailes.

Je suis intimement convaincue que dans la vie rien n’arrive par hasard et tout mérite de faire un effort.

Parfois l’effort sera de traverser une période difficile pour mieux rebondir et absorber tout le savoir que l’on trouve, parfois c’est un échec qui nous enseigne plus que 10 victoires.

Quel qu’il soit, l’effort porte ses fruits, nous permet de grandir (pas physiquement, sinon je ferais déjà mon bon mètre 80), nous permet de nous enrichir, de nous poser les bonnes questions, de rencontrer les bonnes personnes qui nous aideront à être encore meilleur la fois suivante.

J’ai toujours plus appris des mauvaises expériences que des bonnes car les mauvaises obligent à trouver des parades et des moyens pour être bien malgré tout.

Aujourd’hui est donc le premier jour du reste de ma vie. Je n’ai pas la moindre idée de quoi demain sera fait, mais j’ai bien l’intention de savourer ma nouvelle vie, d’en tirer pleinement partie et de profiter de chaque moment. Tous les moment que je ne passerai pas à être serrée comme une sardine dans le métro, les moments que je ne passerai pas à faire des heures sup pour une boite qui n’est pas la mienne, tous ces moments que je ne perdrai pas à déprimer parce qu’il fait -12°C dehors et que l’hiver est et restera à jamais une punition pour moi.