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Les joies de la trentaine assumée

Il y a quelques années, quand j’ai commencé le décompte jusqu’à la trentaine, je m’imaginais encore naïvement que je serais à ce moment là, quelque chose qui se rapproche d’un adulte.

Pour moi, à cette époque là et peut être encore aujourd’hui, être adulte est assimilé à des marqueurs assez notoires comme avoir une maison ou un appartement, être en couple voire marié(e), avoir des enfants et un plan ce carrière.

Or ici c’est de moi que l’on parle. Pour moi, la trentaine rime avec tout sauf avec ce que je viens de mentionner. Un grand nombre de mes amis a fait le choix de ce cocktail d’adultitude et ils en sont très heureux sauf que ce n’est pas moi.

Bien que je respecte les choix de mes amis et d’une grande partie de la population, ces choix de vie ne sont pas les miens.

Prendre un crédit, prendre un engagement à long terme et me poser quelque part pour de vrai me fait peur.

Pendant des années, comme beaucoup de jeunes de ma génération, j’ai été enfermée dans des choix qui n’étaient pas nécessairement les miens.

Ma génération a été la victime de la pression de ses ainés qui ont dévalorisé les métiers manuels et glorifié les études interminables. Ma génération se retrouve aujourd’hui, arrivée à la trentaine à se reconvertir à raison de formations et autres bilans de compétences. Ma génération se retrouve sur les bancs de l’école en pleine crise existentielle à devoir réapprendre de nouveaux réflexes et à vivre autrement plus proches de leurs envies premières ou du rêve d’une vie.

Aujourd’hui, c’est à mon tour. Aujourd’hui  je plonge en cherchant ma voie en cherchant les mantas et les requins. Aujourd’hui d’autres osent fermer la porte de la publicité pour se consacrer au vin, d’autres encore tentent l’aventure dans un autre pays et une autre culture.

J’espère que si un jour j’ai des enfants, je parviendrai à leur transmettre l’importance de suivre ses envies et de se détacher de la pression des autres.

Chimères et licornes

Nous vivons dans un monde sérieux, qui se prend au sérieux, qui nous met la pression pour que nous devenions sérieux à partir d’un certain âge sous prétexte que nous sommes adultes.

Il est cependant agréable de jouer en suivant les règles de ce monde sérieux en faisant semblant d’être adulte de temps en temps, en assumant ses responsabilités, en étant super indépendant avec la tête sur les épaules et les pieds bien encrés sur terre car malgré les contraintes, le monde des adultes peut être sympa à vivre quand on en connaît les règles.

Le monde des adultes peut toutefois être parfois pas drôle, c’est alors que ressurgit mon côté Peter Pan. Cet aspect de moi qui me pousse à croire à des relations improbables, qui me pousse à prendre des décisions qui ne sont bonnes que sur le court terme, qui me pousse à m’enfermer chez les bisounours le temps d’y voir plus clair et d’avoir besoin de revenir dans le monde des adultes.

Parfois ces parenthèses enchantées prennent la forme d’une personne, d’un loisir, d’un style vestimentaire, une coupe de cheveux, une activité improbable.

Quand elles prennent la forme d’une personne, les méandres de la chimère peuvent nous emmener loin, très loin dans les limbes d’un monde fantasque et illusoir dans lequel on sait qu’on ne vivra jamais pas parce qu’il ne peut exister, mais simplement parce qu’on en a pas envie.

Parfois, mon côté citadin me fatigue. Le bruit, la foule, les gens, l’embarras du choix des activités, les transports. Je prends alors un break, je m’évade physiquement ou mentalement ou les deux et j’y reviens. J’y reviens toujours parce que c’est ce que j’aime, parce que c’est ce que je suis. Je suis une citadine pure souche qui a toujours vécu en ville, au milieu de la pollution, des klaxons, des musées et des gens. Le bitume, les chaussures à talons, les soirées où chacun sait que les autres sont un peu faux cul mais c’est cool quand même.

J’aime m’évader en suivant les méandres de mes chimères, en faisant semblant pendant un temps de croire que je peux m’isoler au vert, vivre comme une ado et être totalement détachée et détendue.

J’aime aussi revenir, revenir encore plus forte, avec la confirmation que j’aime ce que je fais, que j’aime ma vie en ville, que j’ai besoin de cette ruche pour me sentir vivante.

Je ne fais pas partie de ces gens qui croient en la capacité d’un changement radical. Je pense que si l’on effectue un jour un virage à 360°C dans sa vie, c’est que cette personne était là au fond de nous et qu’elle n’attendait que de passer au premier plan. Changer pour changer est selon moi le meilleur moyen de créer des frustrations et des regrets.

Je rêve, je me balade, j’apprends, je comprends, je grandis et je reviens revitalisée, plus forte, plus énergique, plus motivée, plus sereine. Ca me fait du bien sans faire de mal à personne. Le luxe du célibat, le luxe de la liberté.

Et vous? Quand avez vous rêvé éveillé pour la dernière fois?

Cerveau, mon beau cerveau…

Piscine vs LevalloisPourrais tu par moments ne pas t’activer dans certaines circonstances comme à 4h du matin?! Ce serait cool!

Hier soir j’ai vendu mon lit et cette nuit j’ai donc dormi sur mon canapé convertible que nous avions acheté avec mon ex pour permettre aux potes de passage de rester dormir. Et qui passage, dit occasionnel et qui dit occasionnel dit également pas un canapé haut de gamme.

Je m’endors tranquillou et là tout d’un coup à 4h du mat plus rien! Je me réveille et je commence à cogiter. Ça me prend d’un coup d’un seul. Je commence à me rendre compte que je déménage ce weekend, que je quitte mon boulot actuel, Paris, la France.

J’ai pris conscience sans le vouloir, à 4h du matin qu’à 30 ans je plaquais tout pour aller à l’autre bout du monde, que j’allais faire un virage à 180°C aussi bien personnellement que professionnellement.

J’ai pris conscience que même si j’arrivais dans un petit cocon, je changeais de mode de vie de manière radicale. Qu’au lieu d’avoir un appart minuscule avec un vis à vis j’allais avoir un grand appart avec vue sur la verdure. Que mes activités sportives allaient prendre un sérieux coup de fouet.

Je commence à avoir la petite boule au ventre, mais une boule au ventre qui me donne encore plus hâte de franchir le cap, de gagner en qualité de vie, de changer un peu la couleur de ma peau, sûrement celle de mes cheveux qui vont un peu blondir.

Ça y est, je me rends comte. Vive le monde des Bisounours!!