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Le dimanche

J’ai grandi entre deux pays de tradition catholique. Dans ces deux pays, la semaine est rythmée par les traditions de l’église et des traditions familiales. La semaine on travaille, le weekend on se repose.

Dans ce weekend il y a le dimanche. Ce jour où à peu près tout est fermé. Ce jour où les familles se retrouvent autour d’un déjeuner, les amis se retrouvent autour d’un brunch, les gens se détendent puis le lendemain on repart pour une nouvelle semaine de dur labeur.

En Asie en revanche, j’ai appris à vivre à un autre rythme. Les semaines ne sont plus des semaines, mais des enchaînements de jours qui se suivent et se ressemblent en étant des espaces de liberté individuelle. Chacun construit sa semaine comme il l’entend ou presque. Tout est ouvert tout le temps, on perd la notion des jours.

Retrouver le rythme de la vieille Europe fait resurgir les souvenirs de mon enfance, la semaine qui se met en pause et donne des repaires, le stress qui retombe, les plats qui mijotent, les discutions qui s’enflamment.

Certes, les traditions se perdent, les gens ne se retrouvent plus toujours autour de la table familiale, communiquent moins, mais cette pause demeure quand bien même nos pays sont considérés comme des pays individualistes.

Pourquoi donc est ce que c’est en Asie où la famille est au centre de l’articulation de la société que tout est ouvert 7 jours sur 7, que les gens ont adopté un rythme de vie sans pause et linéaire?

Apprendre de ses erreurs

Aujourd’hui, je ne vais pas vous parler du nouveau vernis à ongles  de Dior ou du dernier sac à main trop chanmé.

Aujourd’hui je vais vous parler d’économie.

Quand on vit en Asie, on adopte un point de vue un peu différent ce celui que l’on peut avoir en vivant en Europe. On se retrouve au coeur d’un continent qui est désormais celui où ça se passe.

Bien qu’une partie de l’Asie soit toujours l’atelier du monde, une autre partie de l’Asie est à présent le moteur du monde. La Chine représente l’un des plus gros marchés mondiaux pour tous types de produits et notamment pour le haut de gamme. Les taux de progression des différents marchés donnent le tournis, la croissance laisse les dirigeants de la zone Euro rêveurs.

Cependant, l’Asie, que ce soit celle qui coud nos vêtements ou celle qui achète des Porsches, est tout autant que le monde entier soumise à la folie des marchés.

Le récent procès entre Apple et Samsung remet sur le devant de la scène cette folie qui déconnecte la bourse de l’économie réelle mettant en difficulté des entreprises qui ont tout autant le potentiel que le dynamisme de s’en sortir. Le délire des dommages et intérêts que le coréen devra verser à Apple a déchaîné la place boursière qui décote la valeur de Samsung de plus de 6%.

Le constructeur a-t-il besoin de cela en plus de la perte de son procès? Sanctionner à ce point là une entreprise assez solide pour se retourner est-il vraiment justifié?

Est ce que les êtres humains sont vraiment capables d’apprendre de leurs erreurs? Les crises boursières qui ont frappé le monde depuis un siècle vont elles continuer à se multiplier? La bourse représentera-t-elle un jour un peu mieux l’économie réelle?

Je suis jeune et j’ai quitté la France – Séverine

@ Koh Phi Phi on Maya Beach

L’interview de Séverine vous emmène dans le monde merveilleux des VIE et de toutes les opportunités qu’ils offrent. Grâce à de nombreuses années passées en Asie, Séverine a su s’approprier les coutumes locales et l’esprit d’un continent riche en histoire et en codes qui régissent les rapports humains.

Pourrais-tu te présenter brièvement?

30 ans (suis je encore dans la section « jeunes » ?), sans enfant (c’est peut être le critère de la jeunesse…), pas mariée (encore plus jeune!). J’adore l’Histoire et les histoires et surtout en Asie.

Quelle est ta formation initiale?

Prépa + école de commerce

Pourquoi avoir quitté la France? Qu’en a été le déclencheur?

J’avais envie de découvrir d’autres modes de pensée et de vie: pouvoir sortir de la boite et se dire « ah mais on pourrait faire autrement ». Faire cela en France m’était difficile. Aller vivre dans un autre pays facilite les choses. L’Asie était un bon terrain pour remettre en cause mes idées d’occidentale.

Pourquoi avoir choisi le pays que tu as choisi?

Je ne choisis pas le pays. J’anticipe très peu et je prends tout en pleine figure. C’est le choc culturel assuré :). Il y a du bon et du moins bon partout après tout.

As-tu des regrets? Si oui, lesquels?

Pas de regrets, je n’ai aucune idée de ce que je serais devenue en France si j’y étais restée.

Je dois bien sûr faire plus d’efforts pour garder les liens avec ma famille et encore plus avec mes amis. Facebook est un outil formidable (ça y est, je l’ai dit). Il y a toujours une certaine frustration: celle qu’on pourrait mieux faire si on était auprès d’eux.

Es-tu heureux (se) à présent?

L’Asie nous apprend à se satisfaire de peu. On est libre d’être heureux.

Depuis quand es-tu en expatriation?

5 ans: Chine, Laos et aujourd’hui Thaïlande.

Si c’était à refaire, que changerais-tu?

Rien. Si je changeais quelque chose, je ne serais peut être pas aujourd’hui ici, et ce serait dommage, non? 🙂