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Les belles petites surprises de la vie

Partir changer de vie c’est choisir de sacrifier sa vie d’avant. Un départ pour un pays lointain est un choix radical qui marque à jamais votre vie privée et sociale.

Partir à l’autre bout du monde et vivre une vie différente c’est mettre de la distance. De la distance physique évidemment, mais également une réelle distance moins mesurable avec ses proches qui est une distance morale.

Partir c’est choisir de changer. Changer de vie, changer de façon de voir certaines choses, changer ses priorités.

Partir c’est accepter de faire un peu le vide autour de soi de gens que l’on croyait proches et qui ne le sont pas tant que cela. Cette leçon, on l’apprend en passant l »épreuve du retour.

Partir c’est également se rapprocher d’autres personnes dont on ne soupçonnait pas que l’on pourrait devenir proche.

Partir c’est parfois rencontrer des gens qui nous donnent le sourire, qui nous font passer des moments simples et agréables quand on rentre pour des vacances un peu prolongées. Rencontrer des gens avec qui faire des picnics à la cool dans un parc, faire du vélo dans de jolis quartiers de Paris, découvrir des lieux que l’on a pas l’habitude de fréquenter.

J’aime ces belles surprises que me réserve la vie. Ces surprises qui me rappellent qu’il faut toujours faire l’effort de regarder le côté ensoleillé de chaque événement.

Merci à ceux qui restent, merci à ceux qui s’invitent pour un peu et restent pour longtemps, merci à ceux qui me donnent le sourire et sèchent mes larmes.

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Rapports homme-femme

Depuis que je suis en Asie, j’observe, j’analyse, j’expérimente. Outre les activités culturelles, de loisirs, la nourriture et les différents rites, j’expérimente les différences culturelles.

En Asie du Sud Est, les gens sont bien plus pudiques que nous pouvons l’être en occident. C’est le cas dans les pays musulmans autant que dans les pays bouddhistes qui requièrent tous que l’on se couvre dans les lieux de cultes ou les lieux officiels.

L’une des différences majeures que j’ai pu remarquer par rapport à l’Europe ce sont les rapports homme / femme. Dans ces cultures, la femme est l’image de la mère souvent, de la putain parfois, de la soumise de temps en temps. Voir des groupes d’adultes de sexes différents est assez rare dans certains contextes et notamment dans la vie quotidienne en dehors d’un groupe.

Quand j’ai passé quelques jours avec un australien que j’ai rencontré à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, il était parfois un peu difficile de faire comprendre aux gens que oui, nous avons à peu près le même âge, mais que non, nous ne sommes pas en couple. En demandant une chambre à deux lits, on nous regardait de travers. Quand nous sommes allés nous faire masser, ils nous ont mis dans la même cabine et ainsi de suite.

Pour nous, occidentaux, l’amitié homme / femme est une réalité sur laquelle on ne se pose plus vraiment de questions. Elle existe, même si parfois elle peut être ambiguë, mais elle est surtout acceptée et fait partie de notre quotidien.

Par cet aspect je suis profondément occidentale. J’aime pouvoir être amie avec qui je veux sans prendre en compte, sa race, sa religion, son sexe ou son âge. J’aime la liberté de choisir mes amis pour ce qu’ils sont et pas pour ce qu’ils représentent.

Distance

Depuis que je vis en Thaïlande, je revois pas mal mon rapport aux choses.

Je revois tout d’abord mon rapport à la distance. A Phuket, on ne marche pas, mais alors vraiment pas. On prend son scooter pour faire 500m, pour aller acheter une bouteille de lait au 7/11, pour aller bosser. Là où à Paris je marchais beaucoup notamment du métro au boulot ou jusqu’à chez moi, ici je prends mon scooter pour aller partout. J’ai parfois honte de le prendre pour des distances ridiculement courtes, mais l’absence de trottoirs justifie ma fainéantise nouvelle.

Entre entretenir mes gambettes et me faire renverser par un conducteur fou et imprévisible, j’ai vite fait choisi.

Dans un pays en développement, on revoit également son rapport à l’argent. En France, j’avais l’habitude de faire attention car la vie parisienne est franchement ruineuse et avec le salaire que j’avais il fallait faire des choix. Ici, je fais des séances de coaching, du yoga, du surf, de la plongée et à peu près tout ce qui me fait envie. Toutefois, ces petits plaisirs sont un palliatif aux expos, aux théâtres, aux happenings qu’il n’y a pas ici. On se fait plaisir pour compenser les manques.

On se fait plaisir par des choses qui sont de l’ordre du luxe en France, mais qui sont très abordables ici. On revoit son rapport au luxe et les services deviennent ce que les anglo saxons appellent une « utility » quand bien même ils étaient un luxe et les petits éléments banals de notre quotidien en France deviennent un luxe. Ici, une bouteille de Chablis c’est entre 50€ et 100€ en fonction de la cuvée qu’on choisir quand la même bouteille coûte 15/20€ en France. Le fromage n’en parlons même pas, il n’y en a pas!! On trouve certes des imitations de grande distribution, mais franchement je préfère me passer de fromage plutôt que de manger ça.

Le huis clos d’une île est une poudre de perlinpinpin qui transforme les rapports humains. On se rapproche plus que de coutume, on tisse des liens plus rapidement, on se protège, on se livre. Les thais sont tes meilleurs amis après deux verres. Ces rapports insulaires bousculent ton rapport à l’amitié et aux rapports humains en général. On peut jouer le jeu ou devenir parano sur les intentions des gens. On peut faire semblant de jouer le jeu ou se laisser aller à l’illusion. Quand on a vécu la plus grande partie de sa vie dans une ville froide aux rapports hypocrites et distants entre les gens, peut on changer son rapport à l’autre au bout de quelques mois ou quelques années et ne plus avoir cette pincée de méfiance envers les autres?

Le quotidien sur une île est au final d’une simplexité assez effrayante pour une parisienne comme moi un peu névrosée et qui mouline tout dans sa petite cervelle pendant 107 ans. Chaque jour est pour moi une découverte et ce n’est pas prêt de s’arrêter.