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Travailler au Danemark

Après la vie parisienne qui faisait paraître la vie en province bon marché, la vie londonienne qui fait paraître le monde entier bon marché, il y a le niveau ultime : la vie copenhagoise.

Certes, l’immobilier est meilleur marché qu’à Paris ou à Londres, mais Copenhague reste une capitale européenne et donc on est sur du x10 par rapport aux prix de l’immobilier dans le reste du pays. Hormis l’immobilier donc, tout le reste est cher et il faut donc travailler.

Trouver un travail et s’installer

Trouver un travail au Danemark sans parler danois est quasiment impossible, un peu comme en France ou dans n’importe quel pays développé où il faut parler la langue locale. Quelle n’a donc pas été ma chance quand la boîte pour laquelle je travaillais à Londres a eu un poste disponible en local et qu’ils ne voyaient pas (trop) d’obstacles au fait que je n’aie mêmes pas de rudiments de danois.

Dans mon entreprise, quand un employé est transféré dans un autre pays, l’entreprise fait appel à un prestataire qui s’occupe du transfert. Ce prestataire a tout un catalogue de services parmi lesquels les entreprises choisissent des packages selon leurs contraintes budgétaires et les besoins des employés transférés. Etant citoyen de l’Union Européenne, mon transfert a été très simple car je n’avais besoin que d’un CPR (cf mon article sur le CPR si vous voulez en savoir plus), mais pour d’autres comme ma collègue transférée d’Egypte, ils s’occupent également su permis de travail.

Passées les galères et les frayeurs du début (cf mon article sur les impôts), l’acceptation du fait que je vais payer des impôts sur mon téléphone pro et que certains de mes clients sont basés dans des trous paumés à perpet, l’acclimatation a pu commencer.

S’intégrer

La première chose et sans doute la plus difficile qu’il faut accepter et avaler c’est que les gens vont parler danois en notre présence sans vraiment se soucier d’intégrer les étrangers. Le mythe du danois nécessairement bilingue et à l’aise en anglais n’est rien d’autre qu’un mythe. Pour la plupart des gens, parler anglais demande un réel effort et beaucoup limitent leurs expressions à des phrases très courtes et à des sujets très simples, même dans une boîte américaine où toute la communication corporate est en anglais.

Au début c’est vraiment difficile, on se sent seule, très seule que ce soit dans l’open space ou à la cantine. Si l’on ne force pas les choses, ils ne feront aucun effort pour intégrer un étranger surtout dans des entreprises comme la mienne où il y a une très grande homogénéité culturelle, ie 99% de danois de souche. Au bout d’un moment, on s’habitue et un jour arrivent d’autres transferts et là ça devient cool parce que ce jour-là on n’est plus la seule à ne pas parler danois et même si les autres s’en cognent de t’intégrer, au moins il y a les autres expats qui sont dans le même bateau. Cependant, je ne pense pas que ce soit propre au Danemark, il est fort probable que ce soit exactement pareil en France.

Ce qui est génial c’est que pour la cohésion des équipes, il y a des événements récurrents comme des petits déjeuners hebdomadaires les vendredis ou encore des pots mensuels payés par l’entreprise.

Se nourrir

Quand on travaille au Danemark, ce qui est super cool c’est que la loi oblige les employeurs à donner accès à la nourriture à leurs employés soit en mettant à disposition une cantine, soit en faisant appel à un traiteur pour les plus petites structures. Tout cela bien évidemment fortement subventionné par l’employeur, laissant à la charge de l’employé une somme assez faible à régler pour que ce ne soit pas considéré comme un avantage en nature sur lequel il faudrait payer des impôts.

Dans mon entreprise, nous avons une cantine que nous partageons avec les autres entreprises situées dans l’immeuble et nous payons tous les mois 400 DKK (environ 57€) pour manger à la cantine ce qui revient environ à moins de 3€ le repas. Le seul hic quand on ne mange ni viande ni poisson, c’est que le choix n’est pas folichon et qu’il faut compenser l’apport protéinique le soit car le quinoa, les légumineuses ou le tofu ne font pas vraiment partie du régime alimentaire de base des danois, mais ça c’est une question de choix personnel.

Le rapport au temps

Ce que j’adore dans le fait de travailler au Danemark c’est le rapport au temps. La semaine de travail au Danemark est de 37 heures, mais ça c’est sur le papier. En réalité les travailleurs danois ont une vision très personnelle des horaires de travail.

Deux des valeurs fondatrices du Danemark sont le bien être personnel et la famille. Partant de ce principe-là, les gens adaptent leur travail à leur vie personnelle. Il n’est donc pas rare de voir les gens partir à 14h parce que le petit dernier a un concert de flûte pour la fête de milieu de mois de son école ou que l’école a décidé d’organiser une réunion avec les parents, en plein milieu de l’après-midi, cela va de soi car il ne faut pas que les professeurs fassent d’heures supplémentaires, cela irait à l’encontre de leur bien être à eux, c’est donc aux parents de faire un effort et tant pis pour leur importante réunion.

Par ailleurs, les danois ne font pas de présentéisme comme en France. Personne ne vous fera de remarques du goût de « tu as pris ton après-midi » si je pars à 16h.

Le bonus

Tu es au régime? Oublie ton régime si tu travailles au Danemark. Ici tout se fête à coups de gâteaux et de viennoiseries. Dès que quelqu’un signe un deal, qu’on a une réunion client, que quelqu’un fête son anniversaire ou pour n’importe quelle autre raison on dégaine le sucré.

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Acheter des fans

En parcourant mon feed Twitter, je vois tous les jours des pubs de startups qui proposent de vous amener 1000 fans ou followers par jour. C’est exceptionnel, extraordinaire, parce que vous le valez bien!

Qui sont ces fans? Pourquoi cette chasse au fan est-elle toujours si omniprésente dans notre paysage social? Quelle est la valeur réelle de ces fans acquis a prix d’or et qui gonflent vos statistiques?

Souvent quand j’analyse des pages sociales pour des clients je vois tous ces fans et puis un taux d’engagement si bas que j’ai plusieurs zéros derrière ma virgule avant d’arriver a un chiffre entier.

J’ai beau travailler dans le monde merveilleux des médias depuis plusieurs années déjà, je me pose toujours cette même question: à quoi cela sert? Pourquoi les marques ont-elles besoin de ces chiffres sur-gonfles qui ne reflètent rien ou pas grand chose.

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Avec la fin du fan gating sur Facebook (devoir devenir fan d’une page pour pouvoir participer a un concours ou voir un contenu), on dispose d’un outil en moins pour gonfler ses chiffres, cependant a cote de cela on dispose de dizaines d’autres.

Les fans pour les marques, même non engagés, non actifs sont ces paires de chaussures qui ornent nos placards. Celles qu’on a achetées pour se sentir bien sur le coup, qu’on prend plaisir à regarder, mais qu’on ne porte jamais parce qu’elles sont totalement inconfortables ou qu’elles ne vont pas avec notre mode de vie ou notre garde robes. On tourne avec quelques paires, on les use jusqu’à la corde parce qu’elles sont confortables, qu’on les aime et elles nous le rendent bien. Ces paires doudou sont ces fans engagés, ceux qui ont une réelle valeur pour les marques, ceux qui interagissent avec les marques et pas uniquement pour se plaindre. Ces fans qui recommandent les marques a leurs proches et qui ont une forme de loyauté dans un monde dans lequel plus personne n’est fidèle aux marques.

Et si l’avenir du fan était de construire des communautés en offrant de la valeur ajoutée aux gens? Donner envie aux gens de venir chercher vos contenus parce qu’ils ont de la valeur pour eux.

Extraordinaire France

La France a été mon pays d’accueil pendant de nombreuses années. On y trouve des paysages aussi divers qu’époustouflants, une gastronomie à se damner.

En France il y a également depuis quelques années les 35 heures avec leur lot de RTT, les innombrables jours fériés, la sécu, une classe moyenne forte, le TGV.

En France il y a également  une croissance inexistante, des syndicats qui s’élèvent contre tout et n’importe quoi, des acquis sociaux qui ne peuvent pas être révoqués sans négociations sociales.

Je trouve la France extraordinaire de camper sur ses positions dans un climat international tendu sur fond de crise économique et de crise de l’Europe et de l’Euro.

En France on a les seuls syndicats qui luttent contre les salariés comme dans le cas du Sephora des Champs Elysées.

En France au lieu de voter des lois permettant aux entrepreneurs d’investir et de pouvoir créer des emplois sans tomber dans le vortex des seuils, on augmente les taxes et on vote des lois auxquelles personne ne comprend rien et qui sont révoquées tous les six mois. On vote également les extraordinaires lois rétroactives.

En France on a Air France qui licencie à tout va car elle est au bord du gouffre et boum badaboum, les pilotes se mettent en grève pour protester contre un projet de développement d’une nouvelle filiale.

Je suis triste de voir ce que devient ce pays où j’ai eu de formidables opportunités, une bonne éducation et la possibilité de faire des choix libres.