Prendre de mauvaises habitudes

Quand on prend une année sabbatique, on rentre dans une spirale assez infernale et on prend vite de mauvaises habitudes.

Tout d’abord, on s’habitue à ce qu’il fasse chaud tout le temps. Oui, mais pas la vilaine chaleur des radiateurs, non non, celle du soleil, celle qui te fait du bien sur ta peau. On devient par la même occasion encore plus frileuse et on porte un pull quand il fait 26°C. Le pire ce sont les lieux comme les cinémas ou les centres commerciaux. Franchement, on n’a pas idée de mettre la clim à 17°C, c’est inadmissible.

On s’habitue par la même occasion à être bronzée. Quand tout d’un coup on retrouve sa couleur originelle on a un peu de mal à se reconnaître. Heureusement, un être bienpensant a inventé le bronzer (oui parce que franchement l’auto bronzant ça pue et c’est chiant à poser). Heureusement, une lueur d’espoir persiste quand tu te regardes dans la glace en sortant de sous la douche et que tu vois encore la marque de ton maillot de bain sur tes hanches et ton ventre. Bah oui, que là parce que je ne sais pas vous, mais moi c’est la seule qui reste. Mon corps débronze de haut en bas et je me retrouve avec une peau en dégradé, c’est charmant. . Avec un peu de chance, il n’aura pas le temps d’arriver jusqu’en bas d’ici ma prochaine cure se soleil.

Pendant une année sabbatique, on prend la sale habitude d’écouter son corps et ses besoins. On mange quand on a faim, même s’il est 10h30 et qu’on a déjà mangé à 9h. On ne se fait pas agresser par de méchants réveils sauf quand il faut prendre un avion ou un bateau, mais dans ces cas-là, je me réveille avec lui car j’adore prendre l’avion ou le bateau (sauf quand c’est pour rentrer en Europe) car ils sont synonymes de nouvelles aventures, de nouveaux horizons.

Quand tu es en année sabbatique en mode voyage, ta vie est rythmée par des rencontres plus extraordinaires les unes que les autres. Tu rencontres des gens que tu n’aurais jamais croisés au quotidien, tu sors de ta zone de confort et tu parles. Tu parles avec des gens que tu ne reverras jamais, avec des gens qui deviendront des amis pour la vie, avec des gens que tu n’auras pas envie de recroiser, JAMAIS. Mais au moins, tu auras fait l’effort d’échanger et d’essayer. Certaines de ces personnes changeront ta vie à jamais et d’autres ne seront que de vagues souvenirs.

Quand tu es en voyage lors d’une année sabbatique, tu écris. Tu noircis des carnets entiers, tu y colles des billets, des papiers, des emballages, des souvenirs. Tu graves dans le marbre cet épisode de ta vie et chaque journée devient une aventure qui a le potentiel de devenir extraordinaire. Une fois revenue à la vie « normale », les carnets prennent la poussière, rien que l’idée de tuer des arbres pour raconter que tu as pris le métro bondé, que ton client le plus chiant et le moins rentable t’a encore parlé comme à un chien, devient totalement insupportable.

Les heures de pointe deviennent un concept abstrait. Tu prends les transports la journée pendant que les autres sont au travail, sauf quand le seul vol de la journée a décidé d’être pile en plein dedans et que les routes bouchées ne te permettent pas de prendre un taxi. Parce que oui, les transports, quand c’est pas en heure de pointe c’est cool. Il y a de la place pour s’assoir, de l’oxygène pour respirer. Là tu es content de ne pas avoir à t’emmerder avec des papiers de location ou le parking, le brushing. Et quand t’as pas envie, il y a les taxis qui ne coûtent pas cher, qui sont confortables et qui ne te racontent pas leur vie parce qu’ils ne parlent pas ta langue et qui sont aimables car ils espèrent un pourboire (mon rêve absolu à Paris où les taxis sont odieux et hors de prix).

Voyager longtemps c’est aussi pouvoir organiser son temps comme on en a envie. Quand on aime un endroit, on reste, sinon on part et on passe à autre chose. J’adore cette porte ouverte qui me permet de m’éterniser dans un endroit parce que j’y ai rencontré des gens super ou qui m’offre une mine d’activités ou un bien être dont je ne veux pas me départir. Je suis restée coincée comme ça à Chiang Mai, à Pulau Weh. Le plus difficile c’est quand on quitte ces endroits, quand la bulle se brise. Parfois c’est parce que les gens qui faisaient la bulle partent, parfois c’est parce que d’autres qui brisent la bulle arrivent.

Aujourd’hui, je prends les transports en commun bondés aux heures de pointe, j’ai des journées tellement passionnantes que j’ai parfois envie de me pendre avec le fil de mon téléphone portable et pour couronner le tout, j’ai froid et l’impression de vivre dans un monde parallèle où il ne fait jamais jour. Je rêve d’un ciel tellement bleu qu’il se fond avec la mer, d’une telle profusion de différentes teintes de bleu entre la mer et le ciel que mon vocabulaire n’est pas assez riche pour les décrire.

Vite, un Skyscanner !

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