Femmes d’expat

Quand on est une femme, l’expatriation n’est pas toujours choisie. Bien souvent, les expatriées sont des femmes dont le mari a eu une super proposition de poste et qui ne leur a demandé leur avis que de manière symbolique avant de les embarquer pour une nouvelle vie avec enfants et tutti cuanti.

Parfois ces femmes avaient un métier dans leur pays d’origine, parfois elles avaient des occupations et sont ravies de continuer à ne pas faire grand chose.

Dans mon cours de thaï il y a deux femmes comme cela. L’une assez jeune, d’environ 35 ans qui a un enfant de 2 ans et l’autre un peu plus âgée qui n’a pas d’enfants avec elle et qui doit avoir la cinquantaine bien sonnée.

En parlant un peu avec elles pour faire connaissance, en leur demandant ce qu’elles faisaient dans la vie, elles ont toutes les deux eu cette expression effrayante : I keep myself busy (je m’occupe). La jeune n’a pas l’air de se formaliser plus que ça de ne pas travailler. Elle est vaguement photographe et prof de yoga, mais n’exerce ni l’un ni l’autre ici. L’autre était prof en Afrique du Sud pendant toute sa vie et semble clairement ne pas apprécier d’être ici. Elle nous a d’ailleurs raconté avoir été très déçue par la promotion de son compagnon.

Ce genre d’histoires, il y en a à la pelle ici et ailleurs. Des femmes qui se réunissent dans des clubs pour passer le temps, qui parlent de leurs enfants et de leur solitude.

Quand j’entends ces femmes, mes tripes me confirment que je ne serais jamais capable de faire ce qu’elles font. Suivre mon homme à l’autre bout du monde, devenir totalement dépendante de lui et passer mon temps à tuer le temps. Rien que d’y penser, j’en ai des frissons dans le dos.

Je ne sais pas être dépendante, je ne sais pas ne rien faire, je n’aime pas les enfants, surtout ceux des autres et je pense qu’en menant une vie comme ça, je finirais sous anti dépresseurs.

Le souci ici c’est que la plupart des femmes sont des femmes d’expats, pas des femmes expat.

Quand on est soi même expat, on travaille, on a des activités connexes, mais on est indépendante. Bien que nécessitant de nombreux sacrifices au quotidien dans un pays hyper macho, assumer sa condition de femme expatriée, c’est assumer une forme de solitude, assumer d’être différentes, assumer de devoir en faire 3 fois plus qu’un homme pour être prise au sérieux.

Bien que j’adore être une femme, j’envie la facilité avec laquelle les hommes vivent les choses. J’envie le fait d’être mono tâche, de pouvoir signer de gros contrats en allant en réunion en jean et en t-shirt. Moi quand je négocie un gros contrat, je me pare de mon déguisement de working girl quand un homme peut se permettre d’être un peu plus négligé.

Etre expatriée c’est malgré tout super cool parce que franchement, entendre des nanas parler des coliques ou de la première dent de leur progéniture ou des difficultés qu’elles ont à faire partir une tâche sur une chemise, moi j’ai vraiment beaucoup de mal.

Publicités

4 réflexions sur “ Femmes d’expat ”

  1. Je suis copine d’un expat’ et j’ai vécu la vie d’expat’ pendant six mois, enfin celle de conjoint … Vie dorée, agréable, très agréable même mais durant cette période, j’ai mis ma carrière entre parenthèses … Un choix, une expérience à vivre …

  2. C’est très vrai le côté « femme d’expat  » et pas « femme expat ». J’ai eu la chance de passer plusieurs semaines dans le sublime appart d’1 famille d’expat à Tokyo (pdt qu’ils étaient en France), et du coup j’avais prêté plein de livres sur le Japon à la mère pour lui faciliter les choses. Bilan elle ne les a pas lu et après 2 ans elle ne parlait que quelques mots.
    Quel gâchis! Comme d’habitude c’est la femme qui suit et je comprends qu’on ne soit pas toujours très joyeuse de partir mais en même temps quelle chance de découvrir des choses nouvelles, apprendre une langue et se débrouiller tout seule ^^.
    Devenir dépendante de son mec effectivement ça fait peur mais c’est un choix pour certaines.
    Sinon le thai c’est quand même dur, j’ai appris pendant 6 mois pour préparer un voyage mais les thai parlent tous tellement mieux anglais que moi je ne parle leur langue…

  3. C’est quelque chose que je ne pourrais jamais faire non plus, mais que du coup je ne pourrais demander à personne non plus. Cela être la volonté des deux ou une aventure en solo, je ne peux pas être dépendante et rendre quelqu’un dépendant non plus. Bref, tout à fait d’accord avec toi, je suis assez triste également quand je rencontre de telles femmes qui ne semblent pas très heureuses.

  4. Assumer la dépendance n’est pas donné à chacun ni chacune. La vie peut être une belle cage dorée avec de l’argent qui coule flot, mais ça reste une cage.
    Etre dans un pays dont on ne parle pas la langue, dont la culture est aux antipodes de la notre et où les locaux ne nous considéreront jamais comme l’un des leurs est difficile à vivre pour certains d’où la dificulté d’être conjoint d’expat.

Parce que plusieurs avis valent mieux qu'un

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s