Ça déménage!

Cela fait maintenant une petite dizaine d’années que j’ai attrapé le virus de la bougeotte qui ne semble pas vouloir me quitter et que je ne cherche pas non plus à soigner.

Ma pathologie se manifeste tout d’abord par des déménagements fréquents (5 en 10 ans). J’ai navigué entre Paris, Londres, Kuala Lumpur, le 20ème, le 13ème, le 5ème et enfin la proche banlieue parisienne.

En soi, ce ne sont pas les déménagements qui me font rêver avec leur lot de cartons, de papier bulle, de camion et de tri. Certains se passent dans la joie et la bonne humeur, d’autres dans la douleur.

Ce qui me fait pétiller les yeux c’est la nouveauté. La routine me donne des angoisses. Quand je commence à faire quelque chose de manière automatique et presque inconsciente, j’ai envie de m’enfuir, de tout casser, de tout réinventer.

J’adore la nouveauté, mais aussi les défis. Ces challenges qui donnent des ailes, sèment le parcours d’obstacles plus ou moins insurmontables. Des objectifs qui permettent de se réinventer, de se remettre en question, de se réinventer. Les défis permettent de mobiliser sa matière grise dans toute sa fraicheur et d’avoir les neurones en ébullition.

La nouveauté c’est ce qui me fait me sentir vivante. Je suis certainement ce qu’on appelle une éternelle insatisfaite. Dès que j’obtiens une chose que j’ai désirée, elle me lasse. Quand je m’installe dans une zone de confort trop prévisible, tout mon être se rebelle. C’est alors que tout mon être, corps et âme fait en sorte de sortir de sa zone de confort.

Cet amour de la nouveauté, me fait aimer voyager, découvrir de nouveaux pays, de nouvelles personnes. Le voyage permet d’être en permanence dans cette zone de pétillance oculaire mêlée de découverte, d’exploration, de remise en question permanente. En voyage, avec des gens qu’on ne connait pas et qu’on ne reverra peut être jamais, on peut être qui on veut, on peut s’imaginer une vie plus palpitante que sa vie quotidienne, on peut se réinventer le temps d’une semaine ou d’un mois. Parfois même, ces réinvention de soi même donnent des idées pour faire pétiller son quotidien au retour à la réalité.

Cet amour de la nouveauté me fait pratiquer un sport où chaque sortie est une découverte. En plongée sous marine, on ne voit jamais deux fois les mêmes choses. On peut voir des dizaines de tortues, des dizaines de requins, des milliers de poissons clown dans sa vie, on ne les verra jamais deux fois au même endroit, en train de faire la même chose. Même sur un site unique, on ne verra jamais la même chose. Les animaux bougent, jouent, se cachent, se montrent. La plongée permet d’étancher pleinement ma soif de nouveauté. Elle me permet d’être chaque fois émerveillée, de ne jamais m’ennuyer et d’avoir les yeux qui brillent devant une tortue qui mange ou une muraigne qui joue à cache cache dans les replis de sa grotte.

Cet amour de la nouveauté se ressent dans ma cuisine. Non seulement j’ai beaucoup de mal à suivre une recette à la lettre sans l’adapter, l’améliorer, lui donner une touche personnelle, mais j’ai aussi du mal à refaire deux fois le même plat. Quand je fais un gâteau, une recette de base me permet d’insuffler chaque fois une touche différente dans ma base. Je réinvente et revisite même les classiques comme le bœuf bourguignon qui aura toujours une touche un peu funky. Quand au contraire je veux surprendre, je réalise un plat très classique.  Un jour, j’ai réalisé un hachis parmentier pour une amie australienne qui voulait goûter un plat typiquement français. J’ai donc réalisé un hachis parmentier dans les règles de l’art en restant dans les codes ultra classiques. Quand, après le diner je demande à mon (ex) chéri ce qu’il a pensé du plat, il me dit que c’était délicieux, mais que c’était trop classique et qu’il ne me reconnaissait pas dans le plat. Le moins qu’on puisse dire c’est que l’effet de surprise a été total, mais visiblement pas tout à fait positif puisque monsieur aimait être surpris par des saveurs originales à chaque fois.

Il y a un endroit que j’adore : Tang Frères, le supermarché asiatique. J’ai beau détester les supermarchés, cet endroit est un émerveillement permanent. Non seulement je retrouve les épices et les ingrédients qui me permettent de mettre mes voyages dans mon assiette, mais je découvre aussi et à chaque fois de nouveaux produits. J’aime systématiquement acheter au moins une chose que je n’ai jamais goûtée. Parfois la surprise est bonne, parfois non, mais une chose est sûre : j’aurais découvert une nouvelle saveur.

Je suis consciente que mon mode de vie et ma soif de différence ne colle pas à la norme. Je suis consciente qu’en étant comme ça à 30 ans, je serai comme ça toute ma vie. Je suis consciente que pour être heureuse, j’aurai besoin de réinventer mon quotidien, mon environnement. Ce virus ne se soigne pas et je sais que je donnerai tout pour avoir les yeux qui pétillent en permanence.

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