Points de repère

Standard

En ce moment, je passe quelques semaines de vacances à Paris. Je renoue avec les expositions, les musées, mes amis.

Je renoue aussi malheureusement avec le métro, les gens peu aimables, les systèmes archaïques, les prix qui crèvent le plafond.

Revenir pour une période un peu plus longue dans la ville dans laquelle on a grandi avec cependant un regard totalement neuf est une sensation assez étrange.

Le recul que me permet ma nouvelle vie sur cette vie et cette ville que j’ai quitté me permet un questionnement non seulement sur la vie que j’ai laissée, mais également sur celle que j’ai commencé à me construire ailleurs.

Au quotidien, quand on vit dans des pays où il est difficile de se procurer du champagne, du fromage ou même du pain, on rêve. On rêve de ces saveurs que l’on avait à disposition sans avoir le moindre effort à fournir. On rêve de plats, on rêve de choses et d’autres et puis un jour on rentre et on retrouve ces choses.

Pour ma part, j’ai retrouvé une partie de ma vie d’avant avec une saveur assez mitigée. En effet, j’ai été ravie de retrouver les musées, les expos, les spectacles, les échanges avec la famille et les amis. J’ai été ravie de pouvoir parler à n’importe qui dans les transports, dans les commerces et partout ailleurs sans avoir besoin de chercher les mots les plus simples possibles pour me faire comprendre.

Bien que la facilité de se déplacer me rende toujours aussi euphorique, le stress des parisiens et une certaine insécurité qui règne dans les transports à Paris m’ont fait prendre conscience que les parisiens avaient un sacré effort à faire pour être au niveau d’autres grandes métropoles ultra modernes.

En revanche, quelle n’a pas été ma surprise quand j’ai réintroduit dans mon alimentation ces aliments dont je rêvais sans arrêt. Tout y est passé: le fromage, le vin, la charcuterie, les tartares, la viande rouge et j’en passe. En remangeant comme avant, je me suis rendu compte que ce qui me faisait envie était la nostalgie et le manque d’accès à ces produits et non pas les produits en eux mêmes. Je me suis rendu compte qu’une alimentation faite de fruits, légumes et poisson convenait beaucoup mieux à mon corps et à ma santé. J’ai réalisé que j’avais plus la pêche en me nourrissant ainsi plutôt qu’en me nourrissant comme avant.

Evidemment j’ai aussi retrouvé le couplé perdant de l’eau calcaire et du froid (oui, je sais, nous sommes presque fin mai). Malheureusement, pour ces derniers, je n’ai pas vraiment le choix. Je me retrouve donc à me tartiner de moult crèmes, sérums, huiles et j’en passe pour ne pas me retrouver avec une peau de croco et des cheveux un peu paille.

Combattre la nostalgie est parfois un bon remède pour se remettre les idées en place et comprendre ce que l’on valorise vraiment dans la vie et ce que l’on idéalise à outrance.

Un regard neuf

Standard

IMG_0478 En ce moment j’accueille une copine avec qui j’ai fait une partie de mes études et nous faisons ensemble le tour de la Malaisie.

Cela fait maintenant une année entière que je suis en Asie, que je sens ses odeurs, suis imprégnée de ses couleurs, de ses nuisances et de ses petites joies.

Au bout d’une année, tout ceci est devenu mon quotidien et je me rends compte que je n’y fais plus si attention que cela.

Se balader à travers un pays que l’on connait avec une personne dont c’est le premier voyage en Asie permet de redécouvrir ces choses du quotidien auxquelles on ne fait plus attention au quotidien.

Le regard frais et vierge de mon amie me permet de m’émerveiller à nouveau des couleurs des bâtiments, des différents odeurs qui nous entourent, des petits détails auxquels je ne prêtais plus attention.

1-IMG_0471

La voir s’émerveiller du fonctionnement des choses, se poser des questions sur le pourquoi du comment me rappelle mes propres questions lors de mon premier voyage en Asie. Ses questions me rappellent qu’en observant les autres vivre, nous pouvons apprendre sur nous mêmes des choses inattendues. En regardant les autres regarder le monde, notre propre vision de celui-ci est remise en question. Regarder les autres vivre c’est aussi une manière extrêmement enrichissante de remettre à plat nos propres convictions et de débloquer  parfois des situations dans lesquelles nous ne trouvons plus de solutions.

Ce regard frais avait commencé à me faire défaut et il commençait à me manquer. J’aimerais pouvoir le garder pour longtemps et le renouveler sans cesse pour ne pas sombrer dans la routine et les certitudes. Le garder pour ne pas prendre les choses pour acquises et pour trouver des solutions toujours meilleures et un peu innovantes.
 

Respect

Standard

L’Indonésie est le plus grand pays musulman au monde. Bien que certaines provinces échappent à cette règle comme Bali qui est bouddhiste et qui est très occidento-orienté, d’autres provinces comme Sumatra sont très conservatrices.

Une province conservatrice implique que l’alcool est difficile à trouver, que la loi en vigueur est la charia et qu’il existe certaines règles qui en découlent.

Par exemple, bien qu’il existe une certaines tolérance dans des endroits plus touristiques pour des tenues un peu plus légères, des pratiques plus occidentales comme les couples non mariés, les locaux restent très conservateurs.

Par exemple, ici à Pulau Weh, du jeudi 17h au vendredi 14h, les activités liées à l’eau sont prohibées. Dans les villages, hommes et femmes doivent se couvrir pour respecter les coutumes locales.

Et bien malheureusement, certaines personnes n’en ont absolument rien à faire. Les gens se baladent à moitié nus dans les villages, vont nager le vendredi et j’en passe.

Le plus lunaire a été un couple d’Autrichiens qui semble planer un peu dans un monde parallèle. Ils ont décidé d’attraper un sanglier. Vous savez, le cousin sauvage du cochon. Ils ont décidé qu’ils allaient le faire griller au barbecue quand ils en auront attrapé un. Les locaux ont beau leur dire que certes, on les laissera faire, mais que personne ne leur adressera plus la parole ni ne s’approchera d’eux, ils s’en fichent et sont malgré tout allés poser des pièges dans la forêt.

Pourquoi ces gens là voyagent-ils? Est-ce juste de la bêtise primaire ou du néocolonialisme manifeste? Pourquoi les gens ne sont pas fichus de respecter les lieux et les gens qu’ils côtoient?

Pleine lune

Pleine lune vue de ma terrasse

Back to school

Standard

Il y a quelque temps, j’ai décidé que ce serait plus sympa de faire mon Dive Master au lieu de payer bêtement des plongées.

J’ai donc signé de mon sang le contrat et la facture. Me voilà donc depuis bientôt trois semaines de retour sur les bancs de l’école.

Forcément, le dive master ce n’est pas un package de plongées pas chères. Que nenni! Le dive master ce sont des livres à étudier, des théories de physique et de physiologie, des détendeurs à démonter, des exercices à démontrer, des élèves à assister, des plongées à guider.

Le dive master ce sont quelques plongées pour le fun et beaucoup de plongées en eau peu profonde sur des sites qui ne sont pas forcément passionnants, mais qui sont accessibles aux élèves en formation.

Ce qui est difficile quand on est dans un contexte de vacances, c’est bel et bien de concilier les plages de travail et d’études avec les plages de détente partagées avec ses nouveaux camarades de jeux. Se remettre à étudier, à remplir à nouveau sa tête de nouvelles choses, à déterrer des souvenirs de ses cours de bio et de physique.

Reprendre le chemin de l’école c’est aussi se rappeler comment on fonctionne, ce qui nous donne envie et ce qui nous donne moins envie.

Reprendre le chemin de l’école c’est aussi prendre quelques années en moins et se sentir à nouveau totalement ignorant.

Depuis le début de cette formation, chaque plongée me conforte dans l’idée que j’ai encore un million de choses à apprendre. Apprendre à consommer moins, à moins me fatiguer sur un site avec beaucoup de courant, à plonger désormais pour les autres et non plus pour moi.

A Pulau Weh, on prend surtout une leçon d’humilité. Ici, on plonge avec des personnes qui ont plusieurs milliers de plongées au compteur. On se retrouve confrontés à des mastodontes qui sont comme des poissons dans l’eau et on se prend une claque à chaque fois qu’on met les pieds dans l’eau.

En retournant sur les bancs de l’école, on se remet également en question en se confrontant aux autres. On découvre des parcours tous différents les uns des autres, des gens d’horizons divers et variés, mais qui partagent tous la passion de la plongée.

On ne peut pas être d’accord sur tout avec tout le monde et il y a souvent débat, mais au bout du compte, les points communs prennent le dessus et nous rendent heureux en faisant briller nos yeux d’enfants qui refusent de devenir adultes.

Les joies de la trentaine assumée

Standard

Il y a quelques années, quand j’ai commencé le décompte jusqu’à la trentaine, je m’imaginais encore naïvement que je serais à ce moment là, quelque chose qui se rapproche d’un adulte.

Pour moi, à cette époque là et peut être encore aujourd’hui, être adulte est assimilé à des marqueurs assez notoires comme avoir une maison ou un appartement, être en couple voire marié(e), avoir des enfants et un plan ce carrière.

Or ici c’est de moi que l’on parle. Pour moi, la trentaine rime avec tout sauf avec ce que je viens de mentionner. Un grand nombre de mes amis a fait le choix de ce cocktail d’adultitude et ils en sont très heureux sauf que ce n’est pas moi.

Bien que je respecte les choix de mes amis et d’une grande partie de la population, ces choix de vie ne sont pas les miens.

Prendre un crédit, prendre un engagement à long terme et me poser quelque part pour de vrai me fait peur.

Pendant des années, comme beaucoup de jeunes de ma génération, j’ai été enfermée dans des choix qui n’étaient pas nécessairement les miens.

Ma génération a été la victime de la pression de ses ainés qui ont dévalorisé les métiers manuels et glorifié les études interminables. Ma génération se retrouve aujourd’hui, arrivée à la trentaine à se reconvertir à raison de formations et autres bilans de compétences. Ma génération se retrouve sur les bancs de l’école en pleine crise existentielle à devoir réapprendre de nouveaux réflexes et à vivre autrement plus proches de leurs envies premières ou du rêve d’une vie.

Aujourd’hui, c’est à mon tour. Aujourd’hui  je plonge en cherchant ma voie en cherchant les mantas et les requins. Aujourd’hui d’autres osent fermer la porte de la publicité pour se consacrer au vin, d’autres encore tentent l’aventure dans un autre pays et une autre culture.

J’espère que si un jour j’ai des enfants, je parviendrai à leur transmettre l’importance de suivre ses envies et de se détacher de la pression des autres.

Parenthèse enchantée

Standard

Comme je vous le disais précédemment, j’ai passé les deux dernières semaines à Paris. Outre la mode et le froid, Paris c’est aussi un vrai paradis gastronomique.

A Paris j’ai pu profiter de ce que je n’avais pas en Asie. J’ai mangé (un peu trop), bu du bon vin (avec beaucoup de modération) et j’ai revus les personnes qui étaient importantes dans ma vie.

Vous pensez bien que la balance, cette saligotte ne me l’a pas pardonné! Elle m’a cruellement punie pour mes écarts, pour tout le fromage et le vin qui ont franchi la barrière de mes lèvres. Le chocolat n’a pas été épargné dans toute cette débauche de calories et elle s’est appliquée à le souligner bien cruellement ma foi.

Heureusement que la sanction de ma meilleure ennemie a été surpassée d’un tsunami de plaisir et de joie. Mes papilles étaient en extase enveloppées de toutes ces bonnes graisses (non, mais évidemment que je sais qu’elles ne le sont qu’au goût). Elles se seraient crues dans la chocolaterie de Willie Wonka.

Les saveurs qui se développent les unes après les autres, qui se complètent, qui se subliment les unes les autres. Un fromage fermier arrosé d’un trait de Pouilly tour à tour Fuissé ou Fumé. Un gâteau au chocolat noir fondu par une tasse de Marco Polo ou encore un macaron à la rose de chez Larudée croqué entre deux essayages de robes. Un passage chez Lenôtre pour se consoler du froid polaire accompagnant une balade entre copines.

Evidemment, comme la Tour Eiffel, ces plaisirs, je ne me les octroie que quand je passe à Paris après une longue absence autrement, les pains au chocolat, le fromage et autres plaisirs de ce type au quotidien auraient vite raison de ma garde robe pour m’emmener directement chez Marina Rinaldi.

 

La loi des séries

Standard

Dans ma vie il y a toujours eu des cycles. Certains très bons et certains très mauvais. Parfois j’ai une chance incroyable et parfois comme en ce moment j’ai une poisse telle que même moi je n’y crois pas.

Evidemment, comme toujours avec moi, les choses n’arrivent jamais seules. Je suis poursuivie par les séries. J’ai de gros coups de chance qui me donnent une patate d’enfer et ensuite, boum badaboum tout part en sucette et  s’écroule comme un misérable château de cartes en plein cyclone.

Pourquoi ces séries? Est ce que la poisse attire la poisse? Cette mauvaise fortune est elle simplement le prix à payer pour une bonne étoile qui me protège depuis de nombreuses années?

Je ne suis absolument pas croyante, mais alors pas pour un sou. Je ne crois pas en une entité supérieure qui nous punit, récompense ou qui surveille nos faits et gestes. J’un une profonde foi en moi même et je m’y tiens. Cependant, parfois je me pose des questions. Est ce que cette bonne étoile est elle uniquement issue de ma façon positive d’aborder la vie ou est elle guidée par ce que certains appellent mon "ange gardien"?

Les enchaînements de poisse sont ils un rééquilibrage que m’impose l’univers pour me prévenir que je ne peux pas avoir une vie ponctuée uniquement d’évènements uniques et fantastiques.

C’est là que je m’insurge! En bonne adoratrice des bisounours et des licornes, je m’oppose à cette fatalité qu’il faut payer son bonheur. Pourquoi ne pourrions nous pas être tout simplement heureux tout le temps et de manière continue? Pourquoi ne peut on pas descendre de son lit en glissant sur un arc en ciel et évoluer sur un nuage de barbe à papa pour ensuite s’immerger dans une piscine de chocolat?!

Je m’insurge contre ce monde des adultes qui oblige à prendre des responsabilités à la noix et à devoir parfois être malheureux pour profiter pleinement de son bonheur.